jeudi 6 septembre 2012

le sorbier ou sorbier des oiseaux

si sorbier bien rouge , hiver rude !
Le sorbier rouge, qu'assiége Plus d'un loriot en passant, Fait pleuvoir ses grains sur la neige; On dirait des gouttes de sang (Bouilhet, Dern. chans., 1869, p. 262

   Sorbus aucuparia

arbre de la famille des Rosacées, sous-famille des Malacées
(Alisier, Amélanchier, Aubépine, Cognassier, Néflier, Poirier, Pommier, Sorbier).

Étymologie : du celte : "sor", rude, + mel", miel.
Origine : Europe.
Habitat : comme les espèces pionnières, le sorbier est peu exigeant en qualité de sol. Il peut fixer les éboulis grâce à ses racines profondes. Il supporte l'ombre. On le trouve en lisière de forêts d'épicéa. Ses feuilles se décomposent rapidement et créent un humus de qualité.
Durée de vie : 120 ans.
Taille maximale : 15 m.
Port : houppier ovoïde à sphérique.
espèces : il existe des espèces américaines et asiatiques. Le sorbier est proche du cormier (qui vit 500 ans au lieu de 120 ans pour le sorbier).
Écorce lisse gris clair. Tronc droit.
Feuillage caduc. Feuilles alternes, longues, composées de 15-17 folioles à bords dentés.
Fleurs en grappes blanches en mai. Fruits rouges en grappes abondantes. Ils contiennent de l'acide parasorbinique, de saveur âpre et amère, qui peut provoquer des vomissements et des éruptions cutanées qui ressemblent à celles de la scarlatine.
Légendes et traditions : Pour les Celtes et les Germains, le sorbier est un arbre sacré qui protège le bétail contre la foudre. Les Écossais lui attribuaient le pouvoir de chasser les mauvais esprits près des maisons. Dans la tradition campagnarde, le sorbier, comme le sureau, porte bonheur aux amoureux.
Utilisations : les oiseleurs attrapaient, au filet, les grives attirées par les baies rouges. L'aubier rougeâtre est apprécié pour la sculpture. Son bois dur était utilisé pour fabriquer des rabots. Ses baies sont comestibles en "sorbet" et liqueur. La confiture est un antidiarréhique. Ses feuilles constituent un bon fourrage.

Rococo japonais ( Joris-Karl Huysmans)
Ô toi dont l'oeil est noir, les tresses noires, les chairs
blondes, écoute-moi, ô ma folâtre louve !

J'aime tes yeux fantasques, tes yeux qui se retroussent
sur les tempes ; j'aime ta bouche rouge comme une baie
de sorbier, tes joues rondes et jaunes ; j'aime tes pieds
tors, ta gorge roide, tes grands ongles lancéolés, brillants comme
des valves de nacre.

J'aime, ô mignarde louve, ton énervant nonchaloir, ton
sourire alangui, ton attitude indolente, tes gestes mièvres.

J'aime, ô louve câline, les miaulements de ta voix, j'aime
ses tons ululants et rauques, mais j'aime par-dessus tout,
j'aime à en mourir, ton nez, ton petit nez qui s'échappe
des vagues de ta chevelure, comme une rose jaune éclose
dans un feuillage noir.
                     Le Drageoir aux épices.   Joris-Karl Huysmans

1 commentaire:

  1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer